François Bayrou en déplacement dans les
Vosges est interviewé par Baptise Bize pour l'Est Républicain. Retrouvez le détail de l'interview ...
François Bayrou ira à la rencontre de « la France des profondeurs » aujourd'hui et demain à Vagney et à La Baffe. « Je tiens au contact physique », explique-t-il.
Il était dans le Nord il y a dix jours, en Normandie la semaine dernière et à Mayotte ce week-end. Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, poursuivra son tour de France, aujourd'hui
et demain, dans les Vosges.
Au programme : visite du tricotage Bleu Forêt et de l'usine de fabrication de chalets Socopa à Vagney, rencontre « informelle » avec les militants à Epinal et entretien avec le patron d'une
petite scierie dans le village de La Baffe. Après s'être couché à 4 h du matin et avoir fêté l'élection de Barack Obama au siège de son parti, il a accepté, hier après-midi, d'évoquer sa venue
dans le département.
Vous étiez déjà venu à Epinal, en mars 2007, pendant la campagne présidentielle. Pourquoi avoir choisi de revenir dans les Vosges à quelques mois des élections européennes ?
Je trouve que les Vosges sont un département très intéressant en raison de l'activité industrielle originale liée au bois et au textile. Ça m'intéresse de rencontrer les Français dans leur vie de
tous les jours sans le tralala médiatique habituel. J'irai ainsi dans toutes les régions - naturellement en Lorraine -, et cette étape prend tout son sens dans l'idée d'un tour consacré à la
France des profondeurs.
Vous prenez déjà beaucoup le pouls des Français sur Internet. Que vous apportent ces déplacements de terrain ?
Contrairement à ce que l'on croit parfois, ce n'est pas du tout la même chose de rencontrer les gens virtuellement par Internet ou de les rencontrer directement dans la vérité du contact. Il y a
des choses qui passent quand on prend le temps. Des choses hors du temps tellement fugace sur Internet. Je tiens par-dessus tout au contact réel, j'allais presque dire au contact physique, parce
que c'est là que l'on découvre les gens dans leur vérité. Vous savez, regarder quelqu'un dans les yeux, c'est très important.
Et vous n'hésitez pas pour cela à vous lever tôt puisque vous avez rendez-vous vendredi dans une petite scierie à 7 h 30...
C'est l'heure de l'embauche. Il est naturel que l'on puisse vivre avec les travailleurs leurs vraies conditions de vie.
Les Vosges ont un riche passé industriel. Après celle du textile, la crise de la filière automobile affecte à son tour le département. Quel message d'espoir pouvez-vous délivrer aux
habitants des vallées sinistrées ?
La crise dans laquelle nous sommes ancrés, ce n'est pas avec des bonnes paroles qu'on la soignera. Je n'ai jamais accepté de faire des promesses artificielles et je ne commencerai pas maintenant.
Je veux rencontrer, et je ne le ferai pas seulement dans les Vosges, les responsables de toutes les filières industrielles avec la certitude que les familles se trouvent atteintes par cette crise
et que c'est auprès d'elles qu'il faut être. Qui croit encore que les hommes politiques trouvent une solution toute faite avec une baguette magique ? Il y a très longtemps que je n'en suis plus
là et que les Français n'en sont plus là.
Le journaliste Jean-François Kahn a fait savoir qu'il était disponible pour conduire la liste du Grand Est aux européennes de juin 2009. Qu'attendez-vous d'une forte personnalité comme la
sienne ?
J'ai beaucoup d'estime pour Jean-François Kahn et j'ai beaucoup d'estime pour Nathalie Griesbeck ; ce sont deux personnalités très intéressantes. Les gens ne votent pas seulement pour des
étiquettes, ils votent aussi pour des personnalités ; chaque fois qu'une personnalité importante me rejoint, je trouve que c'est un élément positif. Pour ce qui est de l'organisation des listes
dans les régions, vous savez que notre mouvement à des règles et naturellement ces règles seront respectées. Jean-François Kahn a dit sa disponibilité et je l'apprécie. Je connais le travail et
la fidélité de Nathalie Griesbeck et de Jean-Marie Beaupuy qui sont nos deux députés européens dans cette région du Grand Est. C'est ma responsabilité que tout le monde trouve sa place dans la
préparation de cette campagne électorale. Nathalie Griesbeck sera d'ailleurs avec moi dans les Vosges.
Enfin, quel est le sentiment du démocrate Bayrou au lendemain de l'élection du démocrate Obama ?
Je suis très heureux parce que je défends l'idée depuis longtemps que le monde a besoin d'un grand courant démocrate, ce qui est l'autre nom de l'humanisme en politique. Après la catastrophique
présidence Bush, le drame de la guerre en Irak, l'effondrement du système financier, il fallait réellement tourner la page. Il me semble que l'enthousiasme qui a accueilli l'élection de Barack
Obama - en particulier chez nous, au MoDem, où plus de sept cents personnes ont passé la nuit pour fêter cette victoire -, montre que le monde avait besoin de respirer différemment. C'est quelque
chose qui a été ressenti particulièrement par les minorités qui ont souvent l'impression qu'elles ont un mur devant elles, et là une porte s'est ouverte dans ce mur... Tout cela est un signe
heureux même si je n'ai jamais cru qu'il suffisait de changer de président pour changer un système. Mais c'est un symbole très encourageant. Comme citoyen, comme personne, j'en suis très heureux.
Propos recueillis par Baptiste BIZE - Est républicain
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